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n'estoit point cause de la guerre et qu'il la trouva quant il vint à la Couronne; et recita toutes les guerres et armées que le Roy a eu d'an en andepuis qu'il est Roy, et pria aussi la Compaignée de secou­rir le Roy qui les voulloit garder.
Allors fut dit à la Royne et sa compaignée qu'elle se retirast en une chambre qui luy avoit esté aprestée près de la Grande Salle pendant que lad. Compaignée adviserait quel secours on pourroit faire au Roy ; ce qu'elle feist.
IIIe tI. LIVRES TOURNOIS ACCORDEZ AU RoY POUR LEVER X M. HOMMES DE PIED.
Et après que lad. Dame feust retirée en lad.
DU BUREAU                                               [i557]
chambre, Monsr le Prevost des Marchans mist la matiere en deliberation, et demanda aux assistans leur avis chascun en particulier; tous lesquelz con­clurent et adviserent de secourir le Roy de dix mil hommes de pied, pour lesquelz seroit levé sur tous les habitans de lad. ville et faulxbourgs, sans en excepter ni exempter aucun, la somme de trois cens mil livres tournois.
Ce faict, lad. Dame revint a lad. Salle, et estant assise en sa chaize, luy fut declairé lad. con­clusion : dont elle remercia bien fort lad. Compai­gnée O.
DCCCCXXXII. — Les portes gardées.
Seconde quinzaine d';
Tous les jours ensuyvans dud. moys, Mess" les Prevost des Marchans et Eschevins tenoient conseil, et faisoient garder les portes par les bourgeois de lad. Ville. Et n'estoit jour qu'on admenast au Bureau de lad. Ville vingt ou trente personnes arrestez ausd.
ut 1557. (Fol. 256 v°.)
portes et prins pour espies; estoit informé d'où ilz estoient et où ilz alloient.
Et en estoit le Bureau si empesché qu'on ne pou­voit vaquer à autre chose.
DCCCCXXXIII.— Aprestz pour la monstre generalle.
21 août 1557. (Fol- 256 v°.)
Du xxi" jour d'Aoust ensuivant v° lvii.
Au jour d'uy a esté ordonné au Bureau de la Ville de Paris, où estoient tous Mess", que pour assister à la monstre generalle des Mestiers de Paris, il seroit levé la quantité de vellours cramoisy qu'il
conviendra pour faire hocquelons d'armes pour Ies Prevost des Marchans, Eschevin, Greffier, Procureur, Receveur et Contrerolleur de lad. Ville.
Et en a esté baillé la charge à monsr Marcel, Eschevin.
DCCCCXXXIV. — Déliberations pour le faict de la guerre.
29 août 1557.
Du xxixe jour dud. moys d'Aoust vc lvii.
Au jour d'uy, en l'Assemblée, tenue en l'Ostel de la Ville de Paris, de Mess" les Prevost des Marchans, Eschevins et Conseillers de lad. Ville, sur ce que le Roy et son Conseil Privé avoit ordonné de adviser en ceste Ville quelles gens de guerre on pourroit mettre sus pour la deffence de lad. ville, a esté con­clud :
Que les Quarteniers de lad. Ville yront faire per­quisitions par toutes les maisons des bourgeois et habitans de leurs quartiers, pour savoir quel nombre
(Fol. 257 r°0
de gens bien armez et embastonnez ilz pourront mettre sus, si tant est que les ennemys voulsissent envahir et assalir lad. ville; et les tenir prest pour led. effect, quant la necessité le requerra;
Pareillement, regarder par lesd, maisons quelz grains, vins et autres provisions de vivres il y pourra avoir, et en faire le meilleur et plus grant amas et provision que bonnement faire ce pourra, et aussi de toutes sortes d'armes, picqs, pelles, tranchers et autres instrumens servans à la fortiffication et def­fences de lad. ville, en maniere que, oultre ce qu'ilz
C) Après les mots k bien jorin, le greffier avait ajouté ceux-ci «et humblement», qui ont été cancellés. — Le procès-verbal de cette Assemblée a été publié par Dom Félibien (tome 111 des Preuves, pages 386 et suivantes).